10/07/2025
Virgil Tanase (1945-2025)
Virgil Tanase, écrivain, homme de théâtre, traducteur, né en 1945, exilé en France en 1977, est décédé en juin 2025.
Virgil Tanase fait des études de lettres avant d’être admis dans la classe de mise en scène de l’Institut de théâtre de Bucarest.
A la suite de la publication à Paris de son premier roman : Portait d’homme à la faux dans un paysage marin (Flammarion, 1976), interdit en Roumanie, et d’un entretien virulent dans « Les Nouvelles littéraires », il est obligé de quitter son pays.
A Paris, il continue une carrière littéraire couronnée par le Prix de littérature de l’Union latine et le Prix de dramaturgie de l’Académie roumaine. Ses romans, rédigés dorénavant en français, mettent en œuvre une nouvelle forme de construction littéraire : la « métaphore narrative » qui associe des récits disparates dont le voisinage projette une signification qu’aucun ne peut imposer par lui-même.
Après une thèse de doctorat sous la direction de Romand Barthes consacrée à la « sémiologie de la mise en scène », Virgil Tanase reprend son activité de metteur en scène et réalise une trentaine de spectacles en France et en Roumanie. .
Professeur occasionnel dans différentes écoles de théâtre, Virgil Tanase enseigne aujourd’hui l’histoire des spectacles à l’Institut international de l’image et du son.
Source : www.m-e-l.fr
Ci-dessous, deux rappels de son activité littéraire…
http://jplongre.hautetfort.com/archive/2013/07/20/l-honneur-et-la-litterature-5125620.html
09:16 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : virgil tanase, francophonie, roumanie, théâtre, roman |
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01/11/2020
L’éternelle navigation de l’homme
Sylvain Tesson, Un été avec Homère, voyage dans le sillage d’Ulysse, tableaux de Laurence Bost, photographies de Frédéric Boissonnas, Équateurs, 2020
« L’homme, s’il a changé d’habit, est toujours le même personnage, mêmement misérable ou grandiose, mêmement médiocre ou sublime ». Telle est la thèse que l’écrivain voyageur défend dans ce livre comme dans d’autres. Ici, c’est sur un monument de la littérature mondiale qu’il s’appuie pour en témoigner. Un séduisant témoignage, composé du texte dit sur France Inter par Sylvain Tesson sur Homère et publié en 2018, enrichi de tableaux colorés et mouvants de Laurence Bost, de photographies prises au cours du voyage que le « savant inspiré » Victor Bérard fit en 1912 sur les traces d’Ulysse (et dont on peut voir le tracé page 74) et de commentaires complémentaires de l’auteur.
Un beau livre, donc, que l’on peut parcourir à loisir en suivant ou non l’itinéraire du voilier sur lequel Sylvain Tesson, Laurence Bost et leur équipage s’embarquèrent en 2019, en suivant ou non l’ordre des chapitres peuplés de personnages de l’Iliade et de l’Odyssée, héros, hommes, dieux dont les faits et gestes ne sont pas répertoriés en détail, mais qui sont caractérisés par leur pérennité symbolique : « L’homme antique est un modèle. Sa figure nous émerveille encore. Il y a deux mille cinq cents ans, sur les rivages de la mer Égée, une poignée de marins et de paysans, accablés de soleil, harassés de tempêtes, arrachant un peu de vie à des cailloux pelés, apportaient à l’humanité un style de vie, une vision du monde et une conduite intérieure indépassables. » Un beau livre faisant écho à la « poésie pure » d’Homère, à cette musique qui, en particulier, recourt à l’épithète (qui « adoube le nom ») et à la comparaison (qui « relance le rythme »). Une poésie dont l’éternelle actualité saute aux yeux : « Qui ne possède ni cœur sensé, ni pensée flexible / dans sa poitrine : comme un lion, il n’agit qu’en sauvage – lion asservi à sa grande force. » (Notons que le choix des traducteurs est des plus adéquats, puisque ce sont Philippe Brunet et Philippe Jaccottet).
Raymond Queneau, sacralisant pour ainsi dire la double œuvre homérique, a dit naguère que toute « grande œuvre » est soit une Iliade soit une Odyssée. Sylvain Tesson semble corroborer cette affirmation en écrivant que « le cosmos avait été dérangé par les outrances de l’homme à Troie » (Iliade), et que l’Odyssée s’emploie à « ravauder l’équilibre cosmique en rétablissant l’équilibre privé ». Tout ce livre – textes, tableaux, photographies, citations – nous rappelle que « les anciens Grecs nous ont appris à regarder le monde ». Homère, que la tradition nomme « le poète aveugle », nous l’apprend à sa manière, dans le mystère de sa poésie.
Jean-Pierre Longre
22:41 Publié dans Histoire, Littérature, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essai, voyage, peinture, photographie, poésie, francophonie, sylvain tesson, laurence bost, frédéric boissonnas, Équateurs, jean-pierre longre |
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