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08/09/2014

Roman d’errances

Roman, francophone, Julia Deck, éditions de minuit, Jean-Pierre LongreJulia Deck, Viviane Élisabeth Fauville, Éditions de Minuit, 2012, Minuit "Double", 2014

Dès les premières pages, on croit tout savoir : Viviane Élisabeth Fauville est une femme d’aujourd’hui ; la quarantaine, une enfant de douze semaines, un mari qui vient de la quitter pour une autre, elle travaille comme responsable de la communication dans une grosse entreprise. Une bourgeoise moderne, en quelque sorte. Puis l’information nous arrive sans ambages : « Vous avez déménagé le 15 octobre, trouvé une nourrice, prolongé votre congé maternité pour raisons de santé et, le lundi 16 novembre, c’est-à-dire hier, vous avez tué votre psychanalyste ».

On croit tout savoir, et l’on ne sait rien. « Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main », annonce la quatrième de couverture. Si le « vous », le « elle » et le « je » alternent dans la désignation de la protagoniste, en une navigation entre les points de vue, entre prise en charge empathique, rapport objectif et tentatives d’introspection, il y a un autre « je » invisible mais omniprésent, un « je » narrateur qui cache son jeu mais qui mène le récit à sa guise.

roman,francophone,julia deck,les éditions de minuit,jean-pierre longreEt qui guide les pas, les gestes, les réactions, les relations de Viviane ; les pas qui la font circuler dans le Paris des rues, des boulevards et des squares, dans le Paris souterrain du métro ; les gestes bizarres et apparemment fous ; les réactions incohérentes ; les relations étranges avec le bébé, le mari, la mère absente-présente, la police, les personnes mêlées à l’assassinat… « Je ne sais pas pourquoi je fais ce que je fais, mais je le fais. Qu’on n’aille pas croire que je pense que c’est une bonne idée ou que j’en suis fière, c’est juste que cela s’impose : mes pieds avancent et je les suis ». Les errances urbaines sont les mises en espace des errances mentales d’une femme dont l’existence prévisibles et les souvenirs bien rangés ont été bouleversés par les grains de sable glissés dans les rouages. La psychanalyste est-elle un recours ? Mortelle, la psychanalyse ! Alors quoi ? La vie ?

Jean-Pierre Longre

www.leseditionsdeminuit.com  

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