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20/07/2026

Échos du Festival 2026

À Avignon, la canicule n’arrête pas la foule. Chaque année, en juillet, plus de spectacles, chaque année plus de spectateurs, à qui s’offre un tel choix qu’il leur est difficile d’opérer une sélection. La convivialité fait l’un des charmes du lieu et de la période, et les conversations de files d’attente sont une belle occasion non seulement de faire connaissance, mais, outre la lecture du vaste programme et des commentaires, d’échanger de bonnes idées de pièces… Voici donc des impressions limitées à un petit échantillonnage, à commencer par quelques seuls-en-scène.

Théâtre, Avignon, Jean-Pierre Brouillaud, Benjamin Carette, Soliman Brouillaud, Tahar Mansour, Marine Montaut, Antoine Piolé, Luana Spatia, Marguerite Duras, William Mesguich, Catherine Artigala, Michel Monnereau, Matthieu Rolin, Sonia Bosc, Gustave Flaubert, Paul Emond, Sandrine Molaro, Gilles-Vincent Kapps, Jacques Mougenot, Hervé Devolder, Pauline Marbot, Denis Koransky, Maison de la Parole, Théâtre 3S, Théâtre du Girasole, Essaïon théâtre, Bora Chung, Jeune Théâtre National, Séram Borgel, Violette Grimaud, Gwendal Normand et Founémoussou Sissoko, Olivier Longre, Baptiste Guiton, Florine Perennès, Han Yumi, Hervé Péjaudier éditions Rivages, Caroline Ouazana, Dominique Lhotte, Ace and Co, Jean-Pierre LongreDouze. La vie en alexandrins, de et par Jean-Pierre Brouillaud. Aide à la mise en scène Benjamin Carette, création musicale Soliman Brouillaud. Maison de la Parole, 7, rue du prévôt, Avignon.

Une petite salle, le public tout proche du comédien, qui s’adresse à lui comme à des amis, mais toujours en alexandrins… Désuet ? Mais non ! Rassurant, historiquement rassurant, littérairement rassurant. Après tout, Queneau, par exemple, a pratiqué l’alexandrin sans hésitation, et a même écrit un roman en vers. Ici, les vers de douze syllabes, en rimes et assonances, deviennent, comme naturellement, le support du monologue. Comme naturellement ? Justement, c’est là l’originalité et le grand art de Jean-Pierre Brouillaud ; de la naissance à la mort, les alexandrins racontent la vie, ses tribulations et ses joies, ses surprises et ses bonheurs. C’est tour à tour et en même temps poétique, humoristique, exaltant, apaisant… « Est-ce bien raisonnable, penseront certains, / Un seul-en-scène entier tout en alexandrins ? » Pas vraiment raisonnable, a-t-on tendance à dire, / Mais vraiment délicieux. Donc, ne pas s’abstenir !

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Dans un tout autre registre, une tout autre atmosphère, un seul-en-scène qui n’en est pas vraiment un, puisque l’acteur réclame la participation de plusieurs spectateurs, qui doivent le rejoindre sur scène. Tahar Mansour, qui a au préalable rappelé ce qu’est « l’effet papillon », petites causes, grands effets, use de tous les moyens – persuasion mentale, voyance, influence mutuelle – pour créer des effets inattendus et intrigants. Nous sommes plus dans le spectaculaire (nettement appuyé par l’attitude du « mentaliste ») que dans le spectacle théâtral à proprement parler. Et la foule en redemande !

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Retour à la littérature, avec la belle adaptation de La vie matérielle interprétée par une Catherine Artigala qui s’est complètement assimilée à l’écrivaine. Petits et grands faits du passé, souvenirs familiaux et amoureux, féminisme et lutte contre l’injustice, c’est une existence entière qui défile en suivant le style particulier, dense, alerte de Marguerite Duras ; c’est à la fois émouvant et passionnant.

Théâtre, Avignon, Jean-Pierre Brouillaud, Benjamin Carette, Soliman Brouillaud, Tahar Mansour, Marine Montaut, Antoine Piolé, Luana Spatia, Marguerite Duras, William Mesguich, Catherine Artigala, Michel Monnereau, Matthieu Rolin, Sonia Bosc, Gustave Flaubert, Paul Emond, Sandrine Molaro, Gilles-Vincent Kapps, Jacques Mougenot, Hervé Devolder, Pauline Marbot, Denis Koransky, Maison de la Parole, Théâtre 3S, Théâtre du Girasole, Essaïon théâtre, Bora Chung, Jeune Théâtre National, Séram Borgel, Violette Grimaud, Gwendal Normand et Founémoussou Sissoko, Olivier Longre, Baptiste Guiton, Florine Perennès, Han Yumi, Hervé Péjaudier éditions Rivages, Caroline Ouazana, Dominique Lhotte, Ace and Co, Jean-Pierre LongreL’Éducation sentimentale, de Gustave Flaubert, libre adaptation de Paul Emond, mise en scène et interprétation Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps, compagnie La fiancée du requin. Théâtre du Girasole, 24, bis rue Guillaume Puy, Avignon.

Autre adaptation d’un ouvrage littéraire, fameux roman initiatique en l’occurrence. Les ambitions déçues de Frédéric Moreau, son amour pour Madame Arnoux, ses amitiés contrariées, et tout un pan de l’Histoire du XIXe siècle, avec des événements qui font écho à notre époque… Rien n’est trahi du roman de Flaubert, dont on retrouve pleinement l’atmosphère. La musique originale de Gilles-Vincent Kapps, dont le jeu sensible donne de la finesse à un ensemble qui sans cela risquerait d’en manquer, soutient parfaitement le spectacle.

Théâtre, Avignon, Jean-Pierre Brouillaud, Benjamin Carette, Soliman Brouillaud, Tahar Mansour, Marine Montaut, Antoine Piolé, Luana Spatia, Marguerite Duras, William Mesguich, Catherine Artigala, Michel Monnereau, Matthieu Rolin, Sonia Bosc, Gustave Flaubert, Paul Emond, Sandrine Molaro, Gilles-Vincent Kapps, Jacques Mougenot, Hervé Devolder, Pauline Marbot, Denis Koransky, Maison de la Parole, Théâtre 3S, Théâtre du Girasole, Essaïon théâtre, Bora Chung, Jeune Théâtre National, Séram Borgel, Violette Grimaud, Gwendal Normand et Founémoussou Sissoko, Olivier Longre, Baptiste Guiton, Florine Perennès, Han Yumi, Hervé Péjaudier éditions Rivages, Caroline Ouazana, Dominique Lhotte, Ace and Co, Jean-Pierre LongreLe cas Martin Piche, de Jacques Mougenot, mise en scène de Hervé Devolder assisté de Pauline Marbot, lumière de Denis Koransky, avec Jacques Mougenot et Hervé Devolder. Essaïon théâtre, 35, rue de la Carreterie, Avignon.

Dans L’affaire Dussaert, Jacques Mougenot, auteur et comédien, et Hervé Devolder, metteur en scène et comédien, nous régalèrent naguère avec une satire bien sentie de l’art contemporain (et ils en régalent toujours le public actuel, puisque le spectacle est repris avec succès d’année en année). Dans Le cas Martin Piche, les joyeux duettistes récidivent d’une manière tout aussi intelligente, avec la visite chez un psychiatre d’un homme qui avoue s’ennuyer constamment, dans absolument toutes les circonstances de la vie. Entre burlesque et pathétique, entre rire et larmes, voilà une pièce vivante, prenante, drôle, qui remplace avantageusement une vraie séance chez le psy…

Échantillonnage représentatif ? À chacun d’en juger, en choisissant parmi… 1800 propositions. Et n’oublions pas que le Festival « in » propose aussi, bien sûr, de beaux spectacles. Parmi eux, en voici un qu’on ne pourra plus voir, mais que l’on peut entendre en différé sur France Culture :

Théâtre, Avignon, Jean-Pierre Brouillaud, Benjamin Carette, Soliman Brouillaud, Tahar Mansour, Marine Montaut, Antoine Piolé, Luana Spatia, Marguerite Duras, William Mesguich, Catherine Artigala, Michel Monnereau, Matthieu Rolin, Sonia Bosc, Gustave Flaubert, Paul Emond, Sandrine Molaro, Gilles-Vincent Kapps, Jacques Mougenot, Hervé Devolder, Pauline Marbot, Denis Koransky, Maison de la Parole, Théâtre 3S, Théâtre du Girasole, Essaïon théâtre, Bora Chung, Jeune Théâtre National, Séram Borgel, Violette Grimaud, Gwendal Normand et Founémoussou Sissoko, Olivier Longre, Baptiste Guiton, Florine Perennès, Han Yumi, Hervé Péjaudier éditions Rivages, Caroline Ouazana, Dominique Lhotte, Ace and Co, Jean-Pierre LongreLapin maudit, de Bora Chung, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National : Séram Borgel, Violette Grimaud, Gwendal Normand et Founémoussou Sissoko

Musique Olivier Longre

Réalisation Baptiste Guiton

Assistanat à la réalisation Florine Perennès

Traduction du coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier publiée aux éditions Rivages

Extraits choisis par Caroline Ouazana .

À écouter ici : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-fic...

Jean-Pierre Longre

 

Liens : https://www.theatre3s.com

https://maisondelaparole.fr

https://theatredugirasole.fr

https://essaion-avignon.com

www.jeanpierrebrouillaud.fr

www.tahamansour.com

www.lafianceedurequin.com  

Remerciements particuliers:

à Dominique Lhotte, Ace And Co : https://www.ace-and-co.fr

et à l'ensemble vocal À Contretemps de Lyon... 

16/07/2018

Recommandations avignonnesques (en off)

Théâtre, littérature, Festival Off, Avignon, Jean-Pierre LongreFestival Off, Avignon, 2018

Comment pourrait-on tout voir ? Et le pourrait-on qu’on ne le voudrait pas. Car il faut bien le dire, il y a de tout dans le Off (dans le In aussi, d’ailleurs). Contentons-nous de quelques recommandations, selon un choix infime.

Commençons pas Le misanthrope de Molière, valeur sûre s’il en est, mais à laquelle le second titre ajouté, [vs politique], ainsi que la mise en scène et le jeu des comédiens, confère une dimension toute contemporaine. Et là, double surprise : pour une fois (bon, c’est déjà arrivé, tout de même), l’actualisation d’une pièce classique est diablement réussie ; et on s’aperçoit que le texte de Molière s’adapte parfaitement à notre époque et à notre contexte politique. Disons-le tout net : la mise en scène et l’art consommé des comédiens sont pour beaucoup dans ce pouvoir d’adaptation.

Autre genre, autre époque, valeur aussi sûre : Pyrénées ou le voyage de l’été 1843, un texte que Victor Hugo a écrit d’une plume joyeuse et flamboyante, celle d’un touriste qui, partant faire une cure à Cauterets, découvre villages et paysages pittoresques, entre France et Espagne, avec l’enthousiasme de l’explorateur et l’œil du poète – périple et récit brusquement interrompus lorsqu’il apprend par le journal le décès de sa fille tant aimée et de son gendre. Julien Rochefort, sur scène, est un Victor Hugo plein d’ardeur et de sensibilité.

Un autre « grand écrivain » ? Prenez Jean-Luc Lagarce : la substance essentielle de ses pièces est le texte, dans son style à la fois pur et ressassant, direct et allusif, nourri de connotations et d’harmoniques, d’humour et de non-dits, de tragique et de pathétique. C’est évidemment le cas avec Music-hall, récit des débuts d’une troupe théâtrale, auquel Hélène Vautrin, magnifique « Fille » et unique personnage par qui tout passe, donne toutes ses dimensions.

Une autre « fille », dans un autre style (qui tient aussi du music-hall, peut-on dire) : Anne Baquet, une « soprano en liberté » et en pleine forme, dont la voix aux mille possibilités, les drôles de mimiques, les mouvements chorégraphiés, l’humour, l’énergie, le naturel – toutes qualités mises en valeur par la virtuosité pianistique de Claude Collet – donnent un spectacle festif et poétique, clownesque et enchanteur.

Décidément, les femmes seules en scène ont l’air d’avoir la cote.  Avec La putain du dessus, le machisme en prend pour son grade – c’est le cas de le dire pour le mari d’Erato, policier brutal et magouilleur qui, pour le bonheur de sa femme, vient de mourir. La veuve pourra être joyeuse, et son monologue est un grand moment de souriante et grave libération.

À recommander aussi : Le projet Poutine, confrontation entre le chef de l’État et sa vigoureuse opposante, plein d’enseignements et de révélations ; L’augmentation, fameux texte de Georges Perec où se côtoient, dans un duo de comédiens parfaitement réglé, l’absurde répétitif, l’humour satirique et l’inflation du langage ; Ma grammaire fait du vélo, où François Mougenot fait avec vivacité la satire du langage à la mode et démonte certains aspects du français.

Tout cela n’exclut pas des dizaines d’autres pièces, malheureusement non vues, mais assurément dignes de l’être. Voir par exemple ici. Bon vent au festival, et à l’un de ses principaux médias, le bouche à oreille…

Jean-Pierre Longre

 

Théâtre, littérature, Festival Off, Avignon, Jean-Pierre LongreLe misanthrope (vs politique) de Molière. Collège de la Salle

Compagnie La vallée des arts.

Metteuse en scène : Claire Guyot

Interprètes : Pierre Margot, Aurélie Noblesse, Emmanuel Lemire, Edgar Givry, Youna Noiret, Geoffroy Guerrier, Denis Laustriat, Annick Roux.

Assistante : Anne Rondeleux. Lumière : Laurent Béal.

 

Théâtre, littérature, Festival Off, Avignon, Jean-Pierre LongrePyrénées ou le voyage de l’été 1843 de Victor Hugo. Théâtre La Luna

La Petite Compagnie.

Interprète : Julien Rochefort.

Adaptation et mise en scène : Sylvie Blotnikas.

Lumières : Laurent Béal.

 

Théâtre, littérature, Festival Off, Avignon, Jean-Pierre LongreMusic-hall de Jean-Luc Lagarce. Artéphile.

Compagnie O3.

Metteur en scène : Florian Simon.

Interprète : Héléna Vautrin

Scénographie : Léa Mathé. Création Lumière : Fabien Colin. Création Musicale : Seb Lanz Voix : Bertrand Beillot, Etienne Delfini-Michel. Costumes : Les costumes de Lie.

 

Théâtre, littérature, Festival Off, Avignon, Jean-Pierre LongreAnne Baquet, soprano en liberté de François Morel, Juliette, Chopin,  Chico Buarque, The Beatles, Queen. Théâtre du Balcon.

Compagnie Le Renard.

Metteur en scène : A-M Gros.

Interprètes : A. Baquet, Cl. Collet, G. Baumberger.

 

 

Théâtre, littérature, Festival Off, Avignon, Jean-Pierre LongreLa putain du dessus d’Antonis Tsipianitis. L’Arrache-Cœur.

Théâtre de la Huchette. Coprod : Dragon8.

Metteur en scène : Christophe Bourseiller.

Interprète : Emilie Chevrillon.

Adaptation : Haris Kanatsoulis.

Lumières : Laurent Béal.

Scénographie : Erwan Creff.

 

Le Projet Poutine de Hugues Leforestier. Espace Roseau Teinturiers

Compagnie Fracasse

Metteur en scène : Jacques Décombe

Interprètes : Nathalie Mann, Hugues Leforestier

 

L’Augmentation de Georges Perec. Au Magasin.

Cie des Perspectives.

Metteur en scène : Bruno Dairou.

Interprètes : Antoine Laudet, Antoine Robinet.

Créa. lumières : Baptiste Mongis.

Régie : Héléna Castelli.

 

Ma grammaire fait du vélo de François Mougenot. Théâtre des Corps Saints

L’Impertinente.

Metteuse en scène : Caroline Darnay.

Interprète : François Mougenot.

Chargée De Production : Stéphanie Gesnel.

Régisseuse : Anne Gayan.

 

www.avignonleoff.com